Les jeunes : des inatteignables, comment les engager?

May 20, 2014

Les projets lancés dans nos communautés nécessitent l’engagement de plusieurs bénévoles. Pour que ces initiatives représentent la communauté en entier, il est important que les jeunes soient également engagés dans le processus. Cependant, d’après mon expérience, on entend couramment des commentaires du type : « les jeunes ne s’engagent pas », « les jeunes ne veulent pas travailler », « les jeunes n’ont rien à dire ». Plusieurs raisons peuvent justifier cette tendance, cependant notre objectif ici n’est pas d’en faire le procès, mais plutôt de trouver des façons d’éviter que ça se produise. L’engagement communautaire des jeunes (je parle ici des adolescents et des jeunes adultes) est souvent mal compris et interprété. En tant que jeune désireuse de s’engager dans la communauté, j’aimerais partager mes réflexions sur le sujet.   

 

Voici donc quelques trucs, inspirés de mon expérience personnelle : 

 

1. Cherchez et trouvez

Lorsqu’on aimerait engager des jeunes dans un projet ou un comité. Il ne faut pas attendre qu’ils viennent frapper à notre porte pour se joindre à nous. Souvent, plusieurs d’entre eux veulent s’engager, mais n’ont pas les contacts nécessaires pour le faire. Il est alors important de tisser des liens avec les écoles, les collèges et les universités. Les professeurs sont souvent les mieux placés pour suggérer des noms de jeunes potentiels. Si vous connaissez d’autres jeunes dans les écoles, eux aussi peuvent être une bonne référence et peuvent plus facilement approcher leurs « collègues de classe ». Par mon expérience, j’étais beaucoup plus réceptive à accepter de m’engager lorsque l’on m’approchait personnellement parce que je sentais que ma contribution allait être importante. 

2. 1 c’est bien, mais 2 c’est mieux

En général, on devrait toujours essayer de recruter plus qu’un jeune à la fois. Par exemple, si l’on cherche avoir un représentant des écoles secondaires sur un comité, il serait important de considérer en avoir deux. Les jeunes sont, pour la plupart du temps, moins intimidés et donc plus à l’aise quand ils ne sont pas seuls. Le fait d’avoir quelqu’un d’autre à qui s’identifier leur permettra d’échanger leurs impressions, leurs expériences ou leurs frustrations. Quand j’étais moi-même adolescente, j’ignore  si je me serais autant engagée  si je n’avais pas eu des amies qui vivaient la même expérience que moi. De toute façon, comment peut-on considérer avoir tenu compte de l’opinion de la jeunesse si elle ne possède qu’un représentant? 

 

3. Utilisez des outils de communication qui leur ressemblent

Lettre par la poste? OUT! Téléphone? OUT! Courriel? OUT! Journaux? OUT!  Télé? OUT! On essaye trop souvent de rejoindre les jeunes de la mauvaise façon. Ce n’est pas en passant une publicité dans le journal que nous allons engager des jeunes. Par contre, peut-être que quelque chose sur Facebook ou Twitter (bien administré) pourrait fonctionner. Ensuite, pour convoquer des réunions, privilégiez également des outils adaptés à leurs modes de vie (messages textes, Facebook, etc.). 

 

4. Rome ne s’est pas faite en un jour

Ce conseil est probablement un des plus importants. Quand on décide d’engager les jeunes, on croit souvent que du jour au lendemain ils pourront apporter leur point de vue. Il ne faut pas oublier qu’il peut être très intimidant pour un jeune d’arriver dans un comité composé d’adultes. Souvent, il risque de se sentir comme s’il ne comprend rien et risque de se décourager. Il est important de prendre le temps de lui expliquer et de lui faire comprendre les enjeux qui se passent autour de la table. Le jeune arrive souvent avec très peu d’expérience et il a besoin de quelqu’un pour l’aider à s’orienter. Avec le temps et la patience, il va réussir éventuellement à se tailler une place et devenir le leader de demain.  

5. Modérer les attentes

On a souvent l’impression que les jeunes ont beaucoup de temps à offrir. Ils n’ont, pour la plupart, ni d’enfants, ni de maison à entretenir et ni de grosses responsabilités. Cependant, il ne faut pas oublier que la plupart vont à l’école à temps plein, ce qui donne l’équivalent d’au moins 40 heures par semaine de travail en plus d’avoir un emploi de 10-20 heures semaines pour réussir à payer leurs études et mener une vie moindrement agréable. À travers de tout ça, ils doivent également trouver le temps d’avoir une vie sociale pour équilibrer leur santé mentale. Certains jeunes vont tout de même trouver du temps à offrir à une cause qui leur tient à cœur. Cependant, il est faux de penser qu’ils peuvent facilement prendre une journée de congé pour aller donner du temps bénévolement. Il faut alors les prendre comme ils passent : ultra-engagés ou moindrement engagés. 

 

6. Les temps changent 

Comme dernier conseil, et en guise de conclusion, n’oubliez pas que les temps changent. Être un jeune en 2013 est bien différent de ce qu’a été être un jeune il y  a 30, 20 et même 10 ans. Ce n’est pas en adoptant une attitude de fermeture en disant : « Dans mon temps, les jeunes… »  Encore, une fois, je ne cherche pas à faire le procès de personne puisque j’ai moi-même parfois des petites tendances à marginaliser les nouveaux adolescents. Parce que, oui, même les jeunes d’âges diverses peuvent avoir de la difficulté à se comprendre entre eux. Ainsi, ne prenez pas ces conseils de jeune de 23 ans pour du « cash ». Bien que j’aie essayé de me mettre dans la peau de la Elsa de 13 ans, les temps ont surement changé au cours des 10 dernières années. Posons des questions, essayons de comprendre les jeunes, d’apprendre ce qu’ils aiment, leurs habitudes, ce qui les anime et ensemble nous pourrons faire de grandes choses. ☺ 

 

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